Le blason des Templiers est aujourd'hui généralement représenté par un écu blanc portant une croix pattée rouge. Mais cette représentation correspond-elle réellement aux armoiries utilisées par l'Ordre du Temple au Moyen Âge ?

Les documents médiévaux attestent l'utilisation de plusieurs signes distinctifs par les Templiers : croix rouge, gonfanon Baussant, sceaux et écus ornés de motifs héraldiques. Leur existence est bien documentée, mais leur fonction et leur signification ne sont pas toujours celles qu'on leur attribue aujourd'hui.

Les Templiers possédaient-ils un blason officiel ? Pour répondre à cette question, nous examinerons les représentations médiévales conservées, les armoiries de certains dignitaires et l'origine des blasons modernes associés à l'Ordre du Temple.

blason des templiers
sceau médiéval templier

À gauche : représentation moderne du blason des Templiers, avec un écu blanc à croix pattée rouge. À droite : sceau médiéval templier représentant une architecture fortifiée. Contrairement aux représentations contemporaines, les sceaux authentiques témoignent de la diversité des emblèmes utilisés par l'Ordre du Temple.

INDEX

  1. Qu'appelle-t-on un blason au Moyen Âge ?
  2. Les Templiers possédaient-ils des armoiries officielles ?
  3. La croix rouge était-elle le blason des Templiers ?
  4. Existe-t-il des écus templiers représentés au Moyen Âge ?
  5. Le gonfanon Baussant était-il le blason des Templiers ?
  6. Les maîtres de l'Ordre du Temple avaient-ils leurs propres armoiries ?
  7. D'où viennent les blasons des Templiers que l'on voit aujourd'hui ?
  8. Le blason des Templiers dans les bijoux contemporains

 

1. Qu'appelle-t-on un blason au Moyen Âge ?

Au Moyen Âge, les armoiries sont un ensemble de signes permettant d'identifier une personne, une famille ou, progressivement, certaines institutions. Leur description selon les règles de l'héraldique constitue le blason. Ce système se développe en Europe occidentale à partir du XIIe siècle, au moment même où l'Ordre du Temple connaît son expansion.

Il faut cependant distinguer armoiries, symboles, sceaux et bannières. Une croix portée sur un vêtement ou représentée sur un étendard ne constitue pas nécessairement un blason.

Cette distinction est essentielle pour les Templiers : la croix rouge, le gonfanon Baussant et les motifs de leurs sceaux avaient des fonctions différentes. Reste donc à déterminer si l'Ordre du Temple possédait réellement des armoiries institutionnelles clairement définies.

blason de la ville de St Étienne
Chevalière gravée du blason de la ville de St étienne

Exemple d'armoiries héraldiques : à gauche, le blason de la ville de Saint-Étienne ; à droite, sa reproduction en relief sur une chevalière en or réalisée dans notre atelier. Les armoiries peuvent ainsi être reproduites sur des bijoux grâce à notre service de fabrication de chevalières sur mesure.

2. Les Templiers possédaient-ils des armoiries officielles ?

Les documents médiévaux témoignent de l'utilisation de plusieurs emblèmes et signes héraldiques par les Templiers, au cours de l'histoire de l'Ordre du Temple. Cependant, aucun modèle unique d'armoiries institutionnelles ne peut être établi avec certitude à partir des témoignages actuellement identifiés.

Pour comprendre cette difficulté, il faut examiner les représentations contemporaines de l'Ordre, notamment les croix portées sur les vêtements, les écus figurant sur certains sceaux et les bannières militaires.

3. La croix rouge était-elle le blason des Templiers ?

La croix rouge est le signe distinctif le mieux attesté de l'Ordre du Temple. Portée sur le manteau des frères, elle permettait de reconnaître leur appartenance à l'Ordre. Son adoption est généralement située au milieu du XIIe siècle, sous le pontificat d'Eugène III (1145-1153).
Cependant, porter une croix sur un vêtement ne signifie pas posséder des armoiries représentant cette même croix. La croix rouge constituait avant tout un signe d'identification religieux et institutionnel, qui ne doit pas être automatiquement assimilé à un blason héraldique.
De plus, les représentations médiévales montrent que la forme de cette croix n'était pas parfaitement standardisée. La croix pattée rouge, aujourd'hui emblématique des Templiers, n'était donc pas nécessairement leur unique modèle.
Ainsi, la croix rouge était bien un emblème de l'Ordre du Temple, mais son utilisation ne suffit pas à établir l'existence d'un blason officiel unique. Son origine et ses différentes représentations sont étudiées plus en détail dans notre article consacré à la croix des Templiers.

4. Existe-t-il des écus templiers représentés au Moyen Âge ?

Oui, plusieurs témoignages médiévaux montrent des écus associés aux Templiers, notamment sur des sceaux et dans des représentations illustrées du XIIIe siècle.

Un exemple particulièrement intéressant est le sceau templier de Foulques de Saint-Michel, commandeur templier, daté de 1251. Conservé aux Archives nationales (J 191, n° 114), il représente un écu portant une croix pattée au pied fiché. Il constitue un témoignage héraldique directement lié à un dignitaire de l'Ordre.

Les fresques de l'église templière de San Bevignate, à Pérouse, réalisées vers 1260-1270, montrent également des chevaliers et leurs équipements. De son côté, le chroniqueur Matthieu Paris, au milieu du XIIIe siècle, représente les bannières des ordres militaires aux côtés d'armoiries de chevaliers croisés.

Ces témoignages montrent que des motifs héraldiques apparaissent dans l'environnement des Templiers au XIIIe siècle. Leur diversité invite cependant à distinguer les représentations de chevaliers, les armes personnelles et les emblèmes collectifs de l'Ordre.

Le sceau de Foulques de Saint-Michel, commandeur templier, daté de 1251.

5. Le gonfanon Baussant était-il le blason des Templiers ?

Le gonfanon Baussant était la bannière de guerre de l'Ordre du Temple. Reconnaissable à ses deux couleurs, le noir et le blanc, il servait de signe de ralliement aux chevaliers templiers sur les champs de bataille.

Son existence est attestée dans les textes médiévaux, notamment dans les dispositions de la règle de l'Ordre consacrées à l'organisation militaire. En revanche, ces documents ne permettent pas d'établir avec certitude une disposition unique et permanente de ses couleurs.

Le Baussant constituait donc un emblème collectif de l'Ordre, mais pas nécessairement des armoiries au sens héraldique. Une bannière militaire et un blason n'ont pas la même fonction, même s'ils peuvent partager des couleurs ou des motifs.

Les écus noirs et blancs aujourd'hui présentés comme le « blason des Templiers » peuvent ainsi s'inspirer du Baussant, sans que cette ressemblance suffise à prouver l'existence d'armoiries officielles identiques.

Gonfanon Baussant représenté sur une illustration d'époque

Deux chevaliers templiers partageant une monture, représentés avec des écus noirs et blancs rappelant les couleurs du gonfanon Baussant. Illustration de Matthieu Paris, Chronica Majora, vers 1240-1253. Corpus Christi College, Cambridge, Parker Library, MS 26, fol. 110v.

6. Les maîtres de l'Ordre du Temple avaient-ils leurs propres armoiries ?

Certains maîtres et dignitaires templiers étaient issus de familles nobles qui possédaient leurs propres armoiries. Il faut cependant distinguer les armes personnelles ou familiales d'un maître de celles de l'Ordre du Temple.

Des armoiries sont aujourd'hui attribuées à plusieurs grands maîtres, notamment Hugues de Payns et Robert de Craon. Leur authenticité reste toutefois incertaine. Hugues de Payns, mort en 1136, a vécu avant la généralisation de l'héraldique, ce qui rend particulièrement délicate l'attribution d'un blason personnel.

Certains dignitaires templiers ont néanmoins utilisé des sceaux portant des motifs héraldiques, comme le montrent les documents du XIIIe siècle. Ces témoignages contemporains doivent être distingués des armoiries attribuées rétrospectivement aux premiers grands maîtres de l'Ordre.

Ces armoiries personnelles ou ces sceaux armoriés remplissaient avant tout leur fonction première : identifier un individu et authentifier les actes qu'il établissait. Leur utilisation par certains dignitaires templiers ne signifie donc pas qu'ils représentaient les armoiries officielles de l'ensemble de l'Ordre du Temple.

7. D'où viennent les blasons des Templiers que l'on voit aujourd'hui ?

Les blasons aujourd'hui associés aux Templiers sont souvent des reconstitutions modernes inspirées de leurs symboles médiévaux. Le plus répandu représente un écu blanc portant une croix pattée rouge, reprenant les couleurs du manteau des chevaliers de l'Ordre.

D'autres représentations associent le noir et le blanc du gonfanon Baussant, parfois accompagnés d'une croix rouge. On rencontre également des écus ornés des deux chevaliers sur un cheval, motif emprunté à certains sceaux templiers.

Ces compositions réunissent des éléments historiquement attestés, mais qui remplissaient à l'origine des fonctions différentes : identification religieuse, bannière militaire ou authentification des actes.

À quoi ressemblait donc réellement le blason des Templiers ? Les documents médiévaux ne permettent pas d'identifier avec certitude un modèle officiel, unique et standardisé. L'écu blanc à croix rouge constitue une représentation contemporaine cohérente avec certains signes historiques de l'Ordre, mais rien ne permet d'affirmer qu'il était utilisé sous cette forme comme blason officiel par l'ensemble des Templiers.

Trois interprétations modernes du blason des Templiers : croix rouge sur fond blanc, écu noir et blanc inspiré du gonfanon Baussant et combinaison de ces deux emblèmes. Ces représentations ne constituent pas des armoiries officielles médiévales attestées.

8. Le blason des Templiers dans les bijoux contemporains

Aujourd'hui, les blasons et emblèmes associés aux Templiers sont largement repris dans la joaillerie, notamment sur les chevalières, bagues et pendentifs. La croix rouge, les écus héraldiques et les motifs inspirés des sceaux médiévaux constituent les principales sources d'inspiration.

Ces bijoux ne sont généralement pas des reproductions d'objets ayant appartenu aux Templiers, mais des créations contemporaines inspirées de leur histoire et des symboles templiers.

Dans notre atelier Vivalatina, nous réalisons des bijoux reprenant ces motifs historiques, en argent et en or, avec la possibilité de personnaliser leur design. Découvrez notre collection de bijoux Templiers, comprenant notamment des chevalières, bagues et pendentifs inspirés de l'Ordre du Temple.

médaille croix des templiers en argent
collier croix des templiers

Médaille croix templier en argent massif réalisée dans notre atelier Vivalatina. Sa croix pattée en relief et sa devise latine « Non nobis Domine » illustrent la réinterprétation des symboles de l'Ordre du Temple dans la joaillerie contemporaine. Deux vues du même bijou, avec et sans chaîne.

 

À propos de l’auteur

Nicolas Tranchant, entrepreneur et fondateur de Vivalatina, s’intéresse à l’histoire des Templiers et à la transmission de leurs symboles à travers les siècles. Son travail à la tête de l'atelier de joaillerie Vivalatina l’amène notamment à étudier des sceaux, motifs et objets historiques afin d’en comprendre l’origine et de les interpréter dans ses créations.

20 de octubre de 2026 — TRANCHANT NICOLAS FRANCOIS RAPHAEL TANI8011158E6

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