Pour le supporter français qui s’apprête à voyager au Mexique à l’occasion de la Coupe du monde 2026, le dépaysement est garanti. Il ne s’agit pas seulement d’une expérience nouvelle, mais d’un véritable changement d’environnement culturel et historique.

Au Mexique, le football n’est pas vécu comme une simple performance sportive. Il est avant tout une expérience collective, profondément fédératrice, traversée par la passion, les joies intenses et les frustrations durables. Chaque rencontre de l’Équipe du Mexique de football est ressentie comme un miroir du pays, de ses espoirs et de sa fierté.

Ce guide a pour vocation de présenter succinctement le football mexicain afin d’aider les supporters français à vivre pleinement leur expérience sur place et, surtout, à partager ces moments avec les supporters mexicains, dans le respect de leurs codes et de leur culture.

Si vous êtes passionné de football, que vous connaissez quelques mots d’espagnol et que vous souhaitez vivre un moment historique aux côtés des Mexicains, alors ce guide est fait pour vous.

Photo historique du stade Azteca de Mexico, à l’époque où il pouvait accueillir plus de 100 000 spectateurs

INDEX

  1. Le football au Mexique : une affaire de société avant d’être une affaire de résultats
  2. Repères sur l'histoire du football au Mexique
  3. Comprendre la sélection mexicaine pour comprendre ses supporters
  4. La passion du supporter mexicain est reconnue
  5. Les mots, les symboles et les codes du supporter mexicain
  6. Les grands matchs, les blessures et les fiertés collectives
  7. Les joueurs mexicains : symboles et mémoire vivante
  8. La France et les joueurs français vus depuis le Mexique
  9. Attitude à avoir

 

1. Le football au Mexique : une affaire de société avant d’être une affaire de résultats

Au Mexique, le football est le sport le plus populaire, devant la boxe, le baseball ou la lucha libre. Il s’agit d’une activité profondément ancrée dans la vie familiale, qui dépasse largement le cadre du sport. Le football y est une expression collective : il réunit parents, enfants et grands-parents, et constitue un véritable langage commun où se mêlent identité nationale, émotions populaires et mémoire partagée.

Plus qu’une performance sportive, le football mexicain est avant tout une expérience vécue ensemble.

Il traverse les classes sociales et rassemble les générations. Il fait partie du quotidien, au point que le suivre relève moins d’une passion spécialisée que d’une normalité culturelle, rappelons que 73 % de la population est supporter d’une équipe de Liga MX (source 2019).

Le stade incarne pleinement cette dimension sociale. On y vient pour se retrouver, partager et vivre un rituel collectif fait de chants, de couleurs et de ferveur, une intensité qui n’est pas sans rappeler, par certains aspects, le jeu de balle maya. Cette ferveur, durable et largement indépendante des résultats, nourrit la réputation des supporters mexicains.

Comprendre cette relation est essentiel pour le supporter français : au Mexique, assister à un match ne consiste pas seulement à regarder du football, mais à participer à un moment de lien social et d’identité partagée.

Photo montrant une famille de supporters mexicains lors d’un match des Chivas de Guadalajara. On y distingue trois générations

Cette dimension collective prend une importance particulière dans le contexte de la Coupe du monde 2026. Pour le Mexique, accueillir à nouveau et pour la troisième fois cet événement dépasse largement le cadre sportif : il s’agit d’un moment historique, symbolique et identitaire.

👉 Pour approfondir ce contexte, vous pouvez lire notre article dédié : Pourquoi la Coupe du monde de football 2026 est un événement historique pour le Mexique

2. Repères sur l'histoire du football au Mexique

Le football a été introduit au Mexique à la fin du XIXᵉ siècle, principalement par des immigrants britanniques, notamment des mineurs et des techniciens anglais présents dans des villes comme Pachuca. C’est là qu’un des premiers matchs historiques a eu lieu et où fut fondé en 1900 le club Pachuca, considéré comme le premier club organisé du pays.

Aux côtés de Pachuca, d’autres équipes comme le México Cricket Club et celles organisées par des ouvriers écossais donnèrent naissance aux premiers tournois de football informels dans le pays.

Photo montrant une revue de presse. Cette dernière commente une photo de 1903, première photo connue de l'équipe du club de football de Pachuca, A.C. Cette photo montre que les importateurs du football au Mexique furent des migrants anglo-saxons

Dans les années 1900–1920, le football se structura progressivement au Mexique :

  • La Liga Mexicana de Football Amateur Association fut créée au début des années 1900, formant les premières compétitions nationales.
  • En 1920, une ligue nationale plus organisée fut formée, posant les bases d’une organisation compétitive plus large.
  • En 1927, la Federación Mexicana de Fútbol Asociación (FMF) fut fondée pour réguler officiellement le sport.

La sélection nationale mexicaine

La sélection nationale mexicaine joua son premier match officiel en 1923, battant le Guatemala 2–1 à Mexico. Le Mexique participa ensuite à ses premières grandes compétitions internationales :

  • Aux Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam, ce qui précéda sa première participation à la Coupe du monde de la FIFA en 1930, disputée en Uruguay

La profesionnalisation

Depuis cette première Coupe du monde, le Mexique a qualifié son équipe à de nombreuses éditions, devenant un acteur régulier du tournoi mondial. Jusqu’à la seconde moitié du XXᵉ siècle, le football mexicain resta majoritairement amateur, bien que populaire.

Ce n’est qu’en 1943 que fut créée la première ligue professionnelle nationale, qui devint progressivement le cœur du football compétitif au Mexique. Avec l’organisation professionnelle, les clubs modernes et historiques tels que Club América, Guadalajara (Chivas), Cruz Azul, Pumas UNAM ou encore Toluca se sont affirmés comme piliers du championnat, façonnant l’identité du football de club mexicain.

Photo montrant deux joueurs se disputant le ballon lors du match Mexique – URSS lors de la Coupe du monde 1970 à l'Estadio Azteca à Mexico. Ce match s’est joué le 31 mai 1970 lors de la phase de groupes du Mondial organisé au Mexique

Cette histoire sportive s'inscrit dans un cadre sportif vieux de plusieurs millénaires. Le jeu de balle mésoaméricain est le premier jeu de balle collectif formalisé dont on ait eu connaissance.

👉 Pour mieux comprendre ce lien entre football contemporain et héritage ancien, nous vous invitons à lire : Football moderne et jeu de balle maya : points communs, différences et héritage symbolique

3. Comprendre la sélection mexicaine pour comprendre ses supporters

Surnommée El Tri, diminutif de El Tricolor en référence au drapeau national mexicain. Bien plus qu’une équipe sportive, El Tri incarne la fierté nationale et un point de convergence des émotions populaires appelé : "el orgullo mexicano". Chaque match engage l’image du pays et nourrit un sentiment d’appartenance partagé.

La sélection est perçue comme une extension de la nation elle-même, portée et soutenue bien au-delà des résultats sportifs.

L’histoire de la sélection mexicaine est marquée par une grande régularité sur la scène internationale, présente depuis la première coupe du monde en 1930, puis à toutes les coupes depuis 1994.

Elle se distingue aussi par une absence de résultats significatifs en dépit de la passion que déchaîne le football au Mexique. Ses meilleurs résultats furent établis en 1970 et 1986, lorsqu'elle accueillit les Coupes du monde, en terminant éliminée aux quarts de finale lors de ces deux événements.

Photo montrant l'équipe nationale mexicaine de 1994

Cette constance sans consécration a façonné une relation particulière avec les supporters, faite d’espoir, de frustration assumée et de fidélité durable. Les éliminations récurrentes ont ainsi contribué à construire une mémoire collective partagée.

Au Mexique, la sélection est jugée autant sur son engagement et son attitude que sur ses résultats. Représenter dignement le pays est une exigence forte, ce qui explique à la fois la ferveur et l’exigence des supporters. Suivre El Tri est avant tout une expérience collective, vécue en groupe, qui transforme chaque match en moment de rassemblement et de partage.

4. La passion des supporters mexicains est légendaire

La passion des supporters mexicains pour le football est régulièrement observée et commentée à l’échelle internationale. Elle se manifeste par une forte présence dans les stades, une visibilité importante lors des compétitions internationales et un engagement durable, largement indépendant des résultats sportifs, comme le témoigne cet article.

Cette ferveur s’explique avant tout par la place centrale qu’occupe le football dans la société mexicaine. Sport numéro un dans le pays, il bénéficie d’une base de supporters exceptionnellement large. Selon des études issues de panels de type Nielsen (2019), environ 73 % de la population se déclare supporter d’une équipe de la Liga MX, un taux particulièrement élevé en proportion de la population.

Photo montrant des supporters mexicains avec leurs tenues vestimentaires caractéristiques

Malgré un contexte mondial marqué par une baisse ou une stagnation de la fréquentation des stades dans plusieurs pays, le Mexique continue d’enregistrer des affluences importantes, aussi bien en championnat qu’en sélection nationale. Le stade reste un lieu de rassemblement vivant, fréquenté par des publics variés. (source)

Les études sociologiques montrent par ailleurs que la motivation principale des supporters mexicains ne repose pas uniquement sur la performance sportive. La socialisation, le divertissement et le sentiment d’appartenance communautaire constituent des facteurs déterminants de la présence au stade. Le match est avant tout un moment partagé, inscrit dans une routine collective. (source)

La passion pour le football au Mexique est ainsi un phénomène social profondément enraciné. Elle s’exprime par la fidélité, la ferveur et la présence, y compris dans les moments difficiles. Soutenir son équipe, c’est avant tout affirmer une appartenance et participer à une expérience collective qui dépasse le résultat du match.

Photo montrant La Afición : les supporters mexicains tendant en l'air leur banderole de soutien pour l'équipe nationale El Tri. Une masse verte et bruyante soutient coûte que coûte son équipe

Cette ferveur collective ne s’explique pas uniquement par le football moderne. Elle s’inscrit dans une histoire plus ancienne, où le jeu, le rituel et la communauté occupaient déjà une place centrale dans les sociétés mésoaméricaines.

👉 Cette continuité culturelle est approfondie dans l’article :
Quand le supporter moderne marche dans les pas des anciens rituels mésoaméricains

5. Les mots et les chansons du supporter mexicain

Être témoin de la ferveur des supporters mexicains est une chose, la vivre est une expérience autrement plus intense. Afin de vous aider au mieux dans votre immersion footballistique mexicaine, voici quelques explications qui vous aideront à comprendre et à entamer la conversation et vous fondre dans la foule.

« El Tri » : un mot qui dit l’essentiel

Le terme El Tri est omniprésent. Il désigne l'Équipe du Mexique de football, en référence directe aux trois couleurs du drapeau national. Ce surnom est utilisé par tous : médias, joueurs, supporters. Il ne relève pas du jargon, mais du langage courant.

« Ponte la verde » : porte le maillot vert

Il s'agit plus d'un cri de ralliement que d'un terme formel. Très utilisé, c’est une invitation à enfiler le maillot vert de l’équipe nationale mexicaine afin de lui apporter le soutien populaire.

« La afición » : la communauté de supporters

Le mot "afición" désigne l'ensemble de la communauté de supporters qui soutiennent l'équipe, pas seulement ceux qui sont présents dans le stade. Il faut noter que ce mot vient de « aficionado », qui veut dire « passionné ». Ce mot désigne l’ensemble des supporters tout en les qualifiant de passionnés.

« Vamos México » : Allez le Mexique

Encouragement standard scandé par les supporters que tout le monde comprendra facilement.

« Sí, se puede » : Si, on peut le faire

Scandés avec force par les groupes de supporters, ces mots résonneront avec force dans le stade.

Photo montrant un groupe de supporters mexicains chantant "Cielito Lindo" devant un stade

« Viva México, Cabrones » : Allez le Mexique, bordel

Vous entendrez cette phrase dans le stade et en dehors des stades. Si l'expression peut paraître vulgaire par une traduction litérale de "cabrones" elle est en fait très usuelle et dénuée de connotation agressive ou dégradante. Il s'agit d'une expression d'enthousiasme, on le comprend quand on est au Mexique, vous constaterez comment la foule s'électrise en scandant ces mots.

« Eyh... Puto » : une phrase interdite

Certains supporters Mexicains ont longtemps scandé cette expression pour perturber l’adversaire, notamment lors des dégagements du gardien. Ce comportement a entraîné des sanctions de la part de la FIFA, conduisant à une interdiction formelle du chant, également proscrite par la fédération mexicaine de football.

Bien que cette pratique ait été répandue par le passé et puisse encore être entendue dans certains bars de supporters, elle est aujourd’hui considérée comme discriminatoire dans le cadre du football international et n’est plus tolérée. Une partie du public Mexicain travaille d’ailleurs activement à faire évoluer ces comportements.

Pour un supporter étranger, il est important de ne pas reprendre ce chant.

« Echar Porra » : Encourager à la mexicaine

Littéralement, "Echar Porra" signifie encourager. Mais au Mexique, cela signifie bien plus : il s'agit de soutenir l'équipe nationale sous forme d'un bruit constant assourdissant et de cris scandés en groupes, de chansons ou d'applaudissements synchronisés. Vous le constaterez, les Mexicains aiment le bruit. Ce terme résume à lui seul le devoir du supporter Mexicain : faire du bruit afin de soutenir son équipe sur le terrain.

« Cielito Lindo » : "Joli Ciel" est une chanson populaire à connaître

Cielito Lindo est une chanson populaire mexicaine datant de 1882, écrite par Quirino Mendoza y Cortés. Chanson emblématique du Mexique, il s'agit d'un deuxième hymne Mexicain dans lequel se reconnaissent tous les Mexicains. Cielito lindo n’est pas utilisée pour chambrer l’adversaire ou revendiquer une supériorité. Il s’agit avant tout d’un chant de soutien, souvent entonné dans les moments de tension, après un but encaissé, ou lorsque l’équipe traverse une phase difficile.

En maîtrisant ces termes et cette chanson, vous risquez de vous faire des amis, de ne plus avoir soif et d'avoir du mal à sortir des bars de supporters.

6. Les grands matchs, les blessures et les fiertés collectives

Comprendre la passion du football mexicain, c'est connaître les défaites douloureuses du Tri et les victoires ancrées dans la mémoire collective des Mexicains. Ces rencontres historiques, victorieuses ou humiliantes, expliquent la relation passionnelle qu’entretient le public mexicain avec El Tri.

Les grandes blessures : quand la défaite devient mémoire collective

Certaines défaites ont profondément marqué l’imaginaire du football mexicain, au point de devenir des références douloureuses encore évoquées aujourd’hui.

L’une des plus traumatisantes reste le Mexique 0–7 Chili, en quarts de finale de la Copa América Centenario 2016. Cette lourde défaite, survenue à un moment où l’équipe nourrissait de réelles ambitions, a été vécue comme une humiliation nationale. Elle a mis en lumière les limites du projet sportif de l’époque et provoqué une onde de choc parmi les supporters et les médias.

Photo montrant la réaction des joueurs de l'équipe nationale mexicaine suite à la défaite

Autre blessure historique : l'Allemagne 6–0 Mexique lors de la Coupe du monde 1978 en Argentine. Cette déroute en phase de groupes symbolise l’un des points les plus bas de la sélection sur la scène mondiale, renforçant le sentiment d’écart avec les grandes puissances européennes.

À ces défaites s’ajoutent d’autres épisodes douloureux, comme le Angleterre 8–0 Mexique en match amical en 1961, ou encore certaines lourdes défaites face aux États-Unis, notamment le 0–4 en finale de la Gold Cup 1995, vécues comme des remises en cause de la domination régionale mexicaine.

Enfin, un match occupe une place particulière dans la mémoire collective : le “Aztecazo”, cette défaite Mexique 1–2 Costa Rica lors des éliminatoires du Mondial 2002. Plus que le score, c’est le symbole qui a marqué : pour la première fois, le Mexique perdait un match officiel de qualification au stade Azteca. Cette défaite a profondément ébranlé les certitudes et reste l’une des blessures les plus sensibles pour les supporters.

Les fiertés collectives : gagner sans forcément dominer

À l’inverse, certaines victoires ont nourri une fierté durable, même en l’absence de titres mondiaux.

La plus emblématique reste la finale de la Coupe des Confédérations 1999, remportée 4–3 contre le Brésil au stade Azteca. Ce match est souvent considéré comme la plus grande victoire de l’histoire de la sélection mexicaine. Pour la première fois, El Tri remportait un titre majeur de la FIFA en battant une puissance mondiale, devant son public.

Autre moment fondateur : la finale des Jeux olympiques de Londres 2012, remportée 2–1 face au Brésil à Wembley. Avec deux buts d’Oribe Peralta, le Mexique décrochait la médaille d’or olympique contre une sélection brésilienne riche en stars. Ce succès a marqué une génération entière et renforcé l’idée que le football mexicain pouvait rivaliser au plus haut niveau.

Plus récemment, la victoire Mexique 1–0 Allemagne lors de la Coupe du monde 2018 en Russie a ravivé cette fierté collective. Battre le champion du monde en titre grâce à un match tactiquement maîtrisé et un but d’Hirving “Chucky” Lozano a rappelé que El Tri était capable de performances de très haut niveau.

Photo montrant l'équipe nationale mexicaine fêtant sa victoire lors de la Coupe des Confédérations en 1999

Les matchs fondateurs en Coupe du monde

Certains matchs n’ont pas été remportés, mais restent essentiels dans l’histoire de la sélection.

En 1958, lors du Mondial en Suède, le Mexique 1–1 Pays de Galles a permis à la sélection de décrocher son premier point en Coupe du monde, après trois participations sans résultat. Un moment modeste, mais fondateur.

En 1970 et 1986, lors des Coupes du monde organisées au Mexique, plusieurs matchs ont marqué les esprits, notamment le Mexique 3–1 Bulgarie en huitième de finale en 1986, célèbre pour le but en retourné de Manuel Negrete, considéré comme l’un des plus beaux de l’histoire du tournoi.

Ces rencontres ont contribué à ancrer le stade Azteca comme un lieu de mémoire et de fierté nationale.

Une mémoire faite de douleurs et de résistances

Le football mexicain se distingue par sa capacité à transformer les défaites comme les victoires en mémoire collective. Humiliations et exploits sont intégrés dans un récit commun qui se transmet et se ravive à chaque compétition.

Comprendre ces blessures et ces fiertés permet de saisir pourquoi chaque match de El Tri est vécu avec une telle intensité, nourrie par une histoire émotionnelle faite de chutes et de sursauts.

7. Les joueurs mexicains : symboles et mémoire vivante

Comme dans tous les pays, certains joueurs de l'équipe nationale mexicaine sont devenus de véritables icônes du fait de leur carrière. Plus qu'un palmarès ou des victoires, ils représentent un point d'ancrage émotionnel au travers des différentes générations de Mexicains. Les connaître vous aidera à comprendre et à échanger avec les supporters mexicains.

Les légendes historiques

Hugo Sánchez est souvent considéré comme le plus grand joueur mexicain de l’histoire. Quintuple Pichichi avec le Real Madrid, il incarne la réussite internationale et la preuve que le talent mexicain peut s’imposer au plus haut niveau européen.

Rafael Márquez représente une autre forme de grandeur : celle de la longévité et du leadership. Capitaine emblématique, passé par le FC Barcelone, il a disputé cinq Coupes du monde, devenant une figure de stabilité et de respect.

Cuauhtémoc Blanco reste l’une des dernières grandes idoles populaires du football mexicain. Charismatique, imprévisible et profondément attaché à l’identité locale, il incarne une relation directe et émotionnelle avec les supporters.

Jorge Campos, gardien iconique, a marqué les esprits par son style extravagant, ses maillots colorés et sa capacité à jouer loin de sa ligne. Il symbolise une époque où la personnalité comptait autant que la fonction.

Enfin, Javier Hernández, surnommé Chicharito, est aujourd’hui le meilleur buteur de l’histoire de la sélection. Il incarne une figure plus moderne, associée à l’efficacité, à la simplicité et à une immense popularité.

Photo montrant, de gauche à droite, Hugo Sánchez, Rafael Márquez, Cuauhtémoc Blanco et Jorge Campos, figures historiques de l'équipe nationale mexicaine

Les joueurs contemporains

Guillermo Ochoa est sans doute le visage le plus reconnaissable de la sélection moderne. Présent lors de plusieurs Coupes du monde, il est associé à des performances décisives et à une fidélité constante au maillot national.

Andrés Guardado incarne le leadership discret et la longévité. Son parcours en Europe et son rôle de cadre en sélection en ont fait une figure respectée, symbole de professionnalisme.

Carlos Vela, reconnu pour son talent offensif et son passage remarqué à la Real Sociedad, représente une figure plus ambivalente, souvent admirée pour sa qualité de jeu autant que discutée pour son rapport à la sélection.

Hirving Lozano, surnommé Chucky, est associé à la génération européenne récente, notamment grâce à ses passages au PSV et à Naples. Son but contre l’Allemagne en 2018 l’a inscrit durablement dans la mémoire collective.

Santiago Giménez incarne quant à lui l’avenir. Attaquant en pleine ascension, il suscite de fortes attentes et symbolise la projection du football mexicain vers la prochaine décennie.

Photo montrant, de gauche à droite, Guillermo Ochoa, Andrés Guardado, Carlos Vela et Hirving Lozano, stars du football moderne mexicain

Les idoles domestiques

Enfin, certains joueurs, sans toujours s’imposer durablement à l’international, occupent une place importante dans le coeur des supporters mexicains.

Alexis Vega est reconnu pour son talent et sa popularité au sein de clubs emblématiques comme Chivas ou Toluca. Il représente le lien fort entre la sélection et le championnat national.

Luis Malagón, gardien actuellement en vue en Liga MX, s’impose progressivement comme une figure suivie de près par les supporters, preuve que la mémoire collective se construit aussi au présent.

Ces différents joueurs incarnent l'espoir des Mexicains de voir leur équipe nationale capable de rivaliser avec les plus grandes équipes internationales.

8. La France et les joueurs français vus depuis le Mexique

La France est vue, par les supporters mexicains, comme une grande nation du football mondial. Ses titres, tout comme la régularité de ses performances en Coupe du monde nourrissent une admiration réelle.

D’autant plus que, depuis une dizaine d’années, des joueurs français ont évolué en Liga MX, suscitant la curiosité, la passion et parfois l’attachement des supporters pour ces joueurs venus d’Europe jouer au Mexique.

Hormis les grands noms du football français, les supporters mexicains connaissent ceux qui jouent au Mexique:

André-Pierre Gignac : Le Français le plus emblématique au Mexique, arrivé à Tigres UANL en 2015. Il est devenu une légende du club, marquant plus de 200 buts et remportant plusieurs titres nationaux et internationaux, tout en étant l’un des plus grands attaquants étrangers de l’histoire de la Liga MX.

Photo montrant André-Pierre Gignac, à gauche avec le maillot de l'équipe de France et à droite avec le maillot de l'équipe Los Tigres UANL

Autres joueurs français au Mexique :

  • Jérémy Ménez : Club América en 2018, il a apporté créativité et expérience, mais sa période a été ponctuée de blessures et de difficultés d’adaptation.
  • Florian Thauvin : Champion du monde 2018, il a rejoint Tigres UANL avec de grandes attentes, mais son passage a été discret, avec peu d’impact sur le terrain.
  • Sébastien Salles-Lamonge : Milieu arrivé à Atlético de San Luis en 2023, actif dans le championnat avec un rôle régulier mais encore en construction.
  • Allan Saint-Maximin : L’un des Français les plus récents à signer en Liga MX, il a rejoint Club América avec impact immédiat et une forte visibilité.
  • Anthony Martial : Monterrey en 2025, il est devenu le premier Français de l’histoire du club

France – Mexique : entre respect et espoirs

La victoire mexicaine face à la France lors de la Coupe du monde 2010 reste un souvenir marquant, souvent évoqué avec fierté. Elle illustre parfaitement la relation entre les deux pays : un respect profond, mêlé à la joie de pouvoir, ponctuellement, renverser l’ordre établi.

Pour les supporters mexicains, battre la France n’est jamais anodin. Cela représente une reconnaissance symbolique, une preuve que El Tri peut rivaliser avec les grandes puissances du football mondial.

Photo montrant l'attaquant mexicain Cuauhtémoc Blanco en train de marquer un but contre la France, lors du match du mondial 2010. La France, grande nation du football, aimée et respectée par les Mexicains est vaincue 2-0 ce jour là. Cet événement a marqué les esprits de tous les supporters de football mexicains

Ce que cela signifie pour le supporter français au Mexique

Les Mexicains éprouvent un réel respect pour le football français. Un supporter français qui connaît un minimum le football de la Liga MX pourra facilement créer des liens et assister aux matchs dans une ambiance unique.

9. Attitude à avoir

La population mexicaine est ouverte et curieuse, fière de son histoire, et accueille volontiers toute personne qui s’intéresse, même modestement, à sa culture.

Si vous êtes passionné de football, que vous aimez partager des moments festifs et que vous parlez quelques mots d’espagnol, vous disposerez déjà de clés essentielles pour vous intégrer au Mexique. Et si vous portez un sombrero, il n'est pas impossible que le pays vous ouvre ses portes.

Photos montrant des joueurs de l'équipe de France fêtant leur victoire du mondiale de 2018 avec un sombrero mexicain sur la tête, lequel avait été échangé par Benjamin Mendy contre son maillot de joueur. Les joueurs francais sont devenus célèbres, au Mexique, pour ce geste et le cri de "Viva México". Ce faisant, ils ont marqués les esprits et créé un capital de sympatie énorme envers la France, chose que les Mexicains n'oublient pas (source)

N’hésitez pas à engager la conversation, même avec un espagnol approximatif, en évoquant le football ou des références culturelles liées à l’histoire du pays. Cette démarche sincère et respectueuse vous permettra d’être adopté par vos interlocuteurs bien plus rapidement que vous ne l’imaginez.

 

À propos de l'auteur:

Nicolas Tranchant est Français, naturalisé mexicain depuis 2018, et vit au Mexique depuis plus de quatorze ans. Ingénieur de formation, marié à une Mexicaine depuis 2011, il dirige depuis Puerto Vallarta (Jalisco) la société de joaillerie en ligne Vivalatina. Son analyse du Mexique s’appuie sur une expérience de terrain de long terme, nourrie par une immersion personnelle et professionnelle durable.

 

 

11 février 2026 — TRANCHANT NICOLAS FRANCOIS RAPHAEL TANI8011158E6

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